15.09.2010

Le Maroc pour finir...

Le Maroc, j'y suis arrivé en avion depuis le Québec par environ 45 degrés celcius, c'était à Agadir. Ce jour là, je guidais, et la première chose que j'ai dû faire en arrivant fût de marchander un taxi pour nous amener, moi et mon groupe de 12 personnes 80 kms plus au nord dans le petit village d'Imessouane réputé pour son spot de surf, une belle de vague de rif et une longue droite qui se termine sur une plage paradisiaque.

Les grands taxis, des vieilles Mercedes des années 1980, nous ont conduits là-bas, toute musique hurlante et à vitesse déraisonnable...Nous avons traversé les contreforts arides de l'Atlas, ses arganiers et tenté d'éviter les valeureuses mules en bord de route.

A Imessouane, les japonais ont construit un port, amené leurs gros chalutiers pour draguer les fonds de l'Atlantique, laissant les miettes aux pêcheurs locaux qu'ils sont pourtant censés venir aider. Aux fortes odeurs de poisson se mélangent enfants, surfeurs, moutons, mules, mobylettes...Bref, un panel allant des années 20 à aujourd'hui.

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Nous sommes restés deux jours ici, pour récupérer du voyage, tenter une initiation au surf et profiter de la place. Nos chères petites têtes blondes québécoises ont eu bien du mal avec la chaleur passant leur temps à dormir et encore dormir. Quant au benjamin du groupe, opéré en juillet de l'appendicite, il a entamé une belle deshydratation qui l'a conduit à nous quitter dès le premier jour du trek dans l'Atlas, au jour 5. Nous l'avons retrouvé au jours 8 plus en forme. Ouf...

Le jour 4 fût celui d'un long transfert en minibus vers la vallée des Aït Bouguemez au pied de l'Atlas après avoir diner à Marrakech et fait un saut aux cascades d'Ouzoud. La vallée heureuse, point de départ au trek est accessible depuis peu par une belle route. En pays berbère, elle abrite des semi-nomades qui vivent de leurs troupeaux de moutons et de leurs terres fertiles grâce à un ingénieux réseau d'irrigation. Noyers, figuiers, abricotiers, amandiers, maïs, cultures maraichères cohabitent de la plus belle manière. Les villageois arrivent à vivre en quasi autarcie ce qui limite considérablement les déchets retrouvés dans les zones péri-urbaines... Il est peut-être là le modèle économique idéal. Connaître la terre et ce qu'elle peut nous offrir, se servir de ses deux mains et récolter...DSCN5709.JPGDSCN5768.JPG

Cette partie est du haut Atlas est faite de roche sédimentaire, les paysages sont sculptés par l'érosion, les strates ont des lignes magnifiques, et l'eau émerge toute l'année de rivières souterraines. Au dessus de 3 000m, il n'y a plus aucune végétation, seule la terre domine et du haut du M'Goun, 4068m, il est facile de deviner les limites du massif de l'Atlas, étroit du Nord au Sud, se perdant dans le désert.

La descente dans les gorges du M'Goun, les pieds dans l'eau durant trois jours fût spendide, avec des traversées de villages magnifiques avec leurs maisons berbères faites en pisé (argile mélangée à de la paille compressée), de belles portes en DSCN5829.JPGbois, de plafonds en genévrier ou en peuplier.DSCN5828.JPG

Le trek, ce fût le moment fort du voyage, d'une durée de 8 jours, il nous a fait prendre conscience de la réalité berbère du Maroc. Ce peuple, présent bien avant les arabes, arrivés eux au 7e siècle, est d'une grande générosité, travailleur (surtout les femmes...). Nous avons extrêmement bien mangé durant ce séjour, toujours du frais, et nos 7 muletiers étaient adorables. Quant à notre guide, Moustapha, il a fait tout le parcours sans boire ni manger le jour car nous étions en pleine période du Ramadan. Chapeau Monsieur...

La suite, ce fût une courte visite de Ouarzazate, sans grand intérêt, et une descente à travers le palmeraie de Zagora vers les portes du désert à M'Hamid, à 40 kms de la frontière algérienne. Nous y sommes restés deux jours, dont une journée de randonnée. Aout n'est pas la bonne période pour aller dans le désert, il y fait trop chaud, scorpions et autres vipères affleurent...Bref, la Mauritanie, c'était mieux, mais je m'en doutais. Il faut pouvoir s'enfoncer dans le désert pour le savourer. Historiquement parlant, les lieux étaient quand même intéressants puisque nous devauchions les routes caravanieres et étions dans le berceau des dynasties marocaines, qu'elles soient arabes ou berbères, parties d'ici pour conquérir le territoire marocain. Les hommes bleus, dont font partie les Almoravides ont fondé Marrakech au Xe siècle...DSCN5905.JPG

Sur la route du retour, nous avons visité le ksar d'Aït Benaddou, célèbre décor de cinéma, celui de Gladiator entre autre, avant de nous diriger vers la Vallée du Zat au S.E de Marrakech. Nous y avons passé deux jours avant de filer sur Marrackech pour la fin du voyage.

Marrakech est belle, mais aussi extrêmement polluée par le bruit, les fumées des mobylettes. Avis à ceux qui n'aiment pas la foule : attention à Marrakech, c'est quelque chose...Toutes les deux minutes, gazelles et gazeaux sont accaparés pour acheter. "Aller, viens voir mon frère, ici, c'est moins cher que gratuit". Si tu ne réponds pas, gare aux réaction négatives, les vieilles rancoeurs coloniales ne sont pas loin et les marocains n'aiment vraiment pas les amis de la bande à Sarkozy. Il nous fait beaucoup de mal à l'étranger celui-là...

Des souks aux tanneries, en passant par les tombeaux saadiens, le musée et une magnifique expérience de hamman, je vous dirai que je ne reviendrai pas tout de suite à Marrakech...

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En conclusion, voyager au Maroc, c'est voyager entre le XIXe et le XXe siècle, au coeur de l'Islam, modéré certes, mais quand même. L'appel à la prière, je l'ai vécu pendant 1 mois, les lectures de Coran la nuit, c'est quelque chose. Au Maroc, "les femmes travaillent et les hommes réféchissent" et je ne vous cache pas que je trouve cela un peu dégueul....

Ainsi va le monde, c'est à cela que sert le voyage, à nous ouvrir les yeux et à nous confronter à nous même au travers de cultures différentes...

Me voilà donc à la fin de mon épopée. Si tout va bien, une fois mes dernières notes reçues, je serai guide de Tourisme d'Aventure et d'Écotourisme. Je suis tout simplement heureux de l'avoir fait. Goûter au voyage, c'est goûter aux autres et inutile de vous dire qu'il s'agit de la plus belle des addictions. Je ne pourrai pas m'arrêter là.

Au terme de ces 12 mois de voyage, j'aimerais remercier celle qui a tenue bon toute l'année durant mes absences répétées. Je sais que c'était très dur, très long. Sans nouvelles parce que je ne pouvais pas en donner, l'absence de l'autre parait interminable...Cette formation fût pour moi un investissement financier et humain. Pour toi, le voyage fût tout autre, beaucoup moins exotique et du l'as vécu à la sueur de ton front. Je ne pense pas être la même personne qu'il y a une année mais j'ai la chance de t'avoir toujours avec moi. Je voulais juste te dire MERCI, et encore MERCI....

15.08.2010

Les vacances sont finies, l'Atlas et le Maroc m'attendent...

Et oui, je vous avais laissés à la fin de mon stage de kayak. Depuis, soit pendant les cinq dernières semaines, j'ai allié utile, à savoir préparation des bagages et du déménagement de l'appartement de Québec, à agréable à savoir visite de différents parcs du Québec et au revoir à la famille.

Ca y est, je suis en effet SDF pendant les huits mois qui viennent, ainsi qu'Heloïse. Plus de clés de maison, plus rien. Libre comme l'air.

Question plein air, nous sommes allés faire l'Acropôle des Draveurs dans le Parc national de la Malbaie (culmine à 910 m, avec 800 m de dénivelé), marcher au côté des ours noirs sur les Sentiers des caps dans le Charlevoix, voir les phoques dans le Parc du Bic, puis les orignaux et les caribous dans le Parc de la Gaspésie.

Et savez-vous quoi ? Je n'ai aucune photo à vous montrer car Héloïse est repartie en France avec mon ordinateur qui contient toutes mes photos...

Par contre, je pars au Maroc dans 8 jours, et là, c'est sûr que vous allez en avoir des photos.

Au programme (du 23 août au 12 septembre) :

Jour 1 à 3 : vol Montréal Agadir et repos sur les plages d'Inezgane,

Jour 4 à 13 : trekking dans l'Atlas et ascension du Mont M'Goun

Jour 14 à 18 : trekking dans le désert à M'Hamid aux portes de l'Algérie

Jour 18 à 20 : visite de Marrakech

Jour 21: retour à Montréal.

Alors voilà, il me reste une semaine pour préparer tout cela. Je guide le jour 3, le jour suivant l'ascension du M Goun (4071 m), le dernier jour du trek dans le désert, et le transfert vers Agadir l'avant-dernier jour. A bientôt pour d'autres nouvelles,

Mathieu

 

24.07.2010

Depuis tout ce temps, que s'est-il passé ??

Pour vous dire juste la vérité, toute la vérité, et rien que la vérité, je ne pensais vraiment pas que cette formation en tourisme d'aventure et écotourisme m'aurait pris autant de temps. Je suis à la veille de la terminer, je peux vous dire que je n'ai jamais rendu autant de travaux et fait de traitement de texte de toute ma vie !!!!

En fait, j'avais eu le temps de vous parler à peu près  de ma survie et de mon expédition hivernale comme il faut, mais ensuite...

Avant de passer à la suite : j'aimerais passer LE PLUS GRAND DES REMERCIEMENTS A TOUTES LES PERSONNES QUI ONT PARTICIPEES AU FINANCEMENT DE MON EXPEDITION D'ENVERGURE AU MAROC. GRACE A VOUS, J'AI PU VENDRE 31 T-SHIRTS ET AINSI RAMASSER 620 $ POUR LE COMPTE DE NOTRE EXPEDITION qui part dans 1 mois environ, soit le 23 août (je vous reviendrai là-dessus bien évidemment). Je m'excuse pour ceux qui voulaient participer et à qui je n'ai soit pas répondu, ou pas pu accepter, mais c'est parce que mon père était déjà passé les chercher ici...

Après l'expédition hivernale, il y a eu le stage à la Fondation Sur la Pointe des Pieds avec l'expédition de motoneige, et puis une semaine de secourisme en région éloignée, pour passer ce diplôme justement. Avec cette formation, nous apprenons à gérer les premiers soins en attendant les secours, tant en réanimation, qu'en traumatologie, mais aussi à gérer des cas d'hypothermie, de gelures, de brûlures, d'hyperthermie, etc. Hyper intéressant car très en lien avec mon métier...

Par la suite, tout s'est accéléré : entre le 15 mai et le 21 juin, j'ai dû passer 30 jours sous la tente et 5 chez nous, au plus grand plaisir de ma blonde qui n'était pas du tout de cet avis.

J'ai commencé par deux jours d'initiation au canot : comment tenir une pagaie, embarquer, tourner, se déplacer latéralement, chavirer, rattraper le canot, rentrer dans un contre-courant, gîter, etc.

J'ai poursuivi par trois jours de sauvetage en eau vive : ou comment secourir quelqu'un qui a le pied coincé dans un rocher au fond d'une rivière avec la tête dans l'eau (faut aller vite !!), comment plonger dans une rivière sans se faire mal, comment marcher dans un rapide sans rester coincer, comment mettre en place un système de palan pour libérer un canot bloqué, comment lancer un sac à corde à un nageur en perdition,etc.

Est arrivée l'expédition de canot, sur la rivière Dumoine, dont vous avez peut-être vu les photos. Ce fût je pense mon expédition préférée, la plus authentique pour un européen. Faire 10 heures de route, dont deux heures sur une piste sablonneuse pour arriver à l'embouchure d'une rivière et la descendre en entier, que demander de plus.

10 jours sur ton canot avec ton matériel, ta bouffe, ton coéquipier, sur des lieux de camping extraordinaires, au mileu d'une forêt splendide, des pygargues à tête blanche, des ours noirs et des maudites bibittes (moustiques, mouches noires, mouches à chevreuil, brûlots, etc). Pour ce qui est de ces dernières, nous étions dans le bois à la pire période, j'avais au moins une cinquantaine de piqûres sur le corps et je n'étais vraiment pas à plaindre. Le premier soir, autour de la tente, il y avait le bruit de fond de ces foutues bestioles, le même que celui que font les abeilles autour de la ruche !!!!

Nous avons pagayé entre 10 et 30 kms par jour, fait de nombreux portages dont un de plus de 1 km dont mon dos se souvient très bien, franchi des rapides de classe 1, 2 et 3. J'ai chaviré une fois, fait de nombreuses erreurs, mais que du bonheur quand même et mes certifications de canot au bout.

J'avoue que nous, européens, ne sommes pas les meilleurs dans cette discipline, l'eau vive et la rivière, c'est tout un univers; le canot c'est très technique, très instable, et très engageant. Perdre son canot au milieu d'un rapide, c'est pas cool. Autant vous dire que je me suis découvert pas si camicaze que cela !!!!

Le kayak de mer, ce fût un véritable bonheur, j'ai aimé cette discipline qui ressemble à la voile de part le côté navigation. Sur le fleuve, au milieu des baleines, au ras de l'eau, sans un bruit, c'est génial. Un rorqual a dû sortir à 5 mètres de mon embarquation. Ouaouh !!!!! Mais prenons garde au Saint-Laurent, aux marées, au vent qui vous éloigne de la côte, à la houle qui peut vous faire goûter la température de l'eau à 4°C en quelques secondes, et vous rendre inconscient en 15 minutes. C'est ça le kayak, un bonheur de surface, mais garde à vous, à votre mauvaise planification. Aux Bergeronnes, le fleuve fait 26 kms de large, et quand vous vous rendez compte que vous êtes loin du bord, il est déjà trop tard...

De fait, je n'ai pas fait mon stage en rafting, j'avais trop peur, et puis pas assez de temps pour parler à mes clients, leur faire connaître le milieu. 3 jours avant le début de ma période de stage, j'ai demandé à Mer et Monde s'ils voulaient bien m'accueillir pour deux semaines et demi. Ils ont accepté, ce ne fût que du bonheur...

J'ai appris sur les baleines, sur les goélands, les oursins, les algues, le fleuve en lui-même, j'ai guidé des demi-journées et des journées, des français, des québécois, des canadiens anglophones, des allemands, et même des américains du Colorado.

En guise de conclusion j'ai partagé une demi-journée sur le fleuve avec Héloïse, nous sommes partis dans le brouillard et arrivés sous le grand soleil, avec des bélugas partout !!

Depuis, je souffle un peu, et j'ai encore d'autres choses à raconter, demain peut-être,

Mathieu